Starbucks : les 5 principes qui ont transformé un café ordinaire en empire

Entre 1987 et 2000, Starbucks est passé de 17 à 3 501 magasins, portée par une stratégie d’expérience client standardisée à grande échelle.
Dans cet article, j’explique les 5 leviers opérationnels (service, personnalisation, culture interne, design retail et surprise) qui ont créé cet avantage concurrentiel.

La révolution Starbucks

Avant l’arrivée de Starbucks, les gens arrêtaient au café du coin pour un café à 50 cents la tasse, soit $4.29 US aujourd’hui (U.S. Bureau of Labor Statistics, n.d.), avec remplissage à volonté. Le goût était fade et l’expérience client l’était tout autant. En 1982, lorsque Howard Schultz se pose la question : « What would happen if you took the quality coffee bean tradition of Starbucks and merged it with the charm and romance of the European coffeehouse? » (Michelli. J, 2006).

Coffe before Starbucks

Cette vision était très ambitieuse.

Comment convaincre les gens d’accepter de transformer leur routine et de payer beaucoup plus cher pour une expérience « riche » et « exotique » quand tout ce qu’ils connaissent est « l’ordinaire » ?

Pourquoi Starbucks a eu du succès ?

Dans son désir de réinventer l’expérience qu’un café peut offrir, Starbucks a su réussir son pari en redéfinissant ce que la consommation de café peut signifier. En misant sur des breuvages de qualité et une expérience client hors norme pour l’époque, Starbucks avait pour objectif d’être un lieu où il est bon de siroter son café seul ou avec des amis. Les consommateurs devaient être en mesure de créer leur propre expérience avec leur breuvage personnalité, d’où la fameuse phrase : « C’est quoi ta commande Starbucks ? ». Les employés étaient reconnus pour connaitre par cœur ses clients par leur nom et leurs goûts. Ils étaient heureux de travailler là, et ça se ressentait.

Autrement dit, Starbucks a créé une valeur perçue suffisamment forte pour justifier un pricing premium, en transformant un achat utilitaire en rituel et en “third place”.

5 Principes qui ont défini du succès

La vraie raison du succès de l’entreprise dans sa croissance exponentielle est basée sur 5 volets.

Principe 1 — Personnalisation : “Make it Your Own”

Pour offrir un marketing relationnel exemplaire, Starbucks créer le Green Apron Book, un livre offrant des idées au personnel dans la but d’élever les relations avec le consommateur. Le livre ne comportait pas des règles, mais des principes qui servaient de recommandations, laissant place à la créativité et évitant un aspect contrôlant sur ses employés. En d’autres termes, l’entreprise exerçait son marketing sur ses employés. Ce Green Apron Book se développait en 5 grands points.

Point nº1 : Be Welcoming – Miser sur le customer lifetime value

Le management de Starbucks définit celui-ci comme d’un sens d’appartenance (belonging). Les employés devaient utiliser leurs talents et leurs connaissances pour créer un sens de considération auprès des consommateurs. À l’origine un mouvement d’une employée désireuse de donner le meilleur service à ses clients, elle notait tous les noms et boissons dans un Excel et l’étudiait par la suite. Remarqués par le management, ils ont décidé de l’intégrer dans le sens du welcoming.

« Paul Ark, à Bangkok, illustre parfaitement la manière dont un partenaire Starbucks a su lui faire sentir qu’il comptait vraiment. Grand amateur des Frappuccino® avec sirop de framboise, Paul n’était pas allé au Starbucks depuis près de deux mois. Pourtant, alors qu’il attendait derrière deux clients dans la file, un barista le remarqua et lui lança : « Grande Vanilla Crème Frappuccino® avec sirop de framboise, n’est-ce pas ? »
Michelli, J (2006)

C’est une forme artisanale de CRM de proximité (mémoire client) : reconnaissance, personnalisation, et réduction de la friction au moment de la commande.

Point nº2 : Be GenuineFidéliser avant tout

Dans sa simplicité réside son importance, être genuine (authentique) se définit par : « connect, discover, and respond ». Ces trois éléments assurent une qualité relationnelle de la part de chaque employé, car au final, les consommateurs ne demandent pas un ami, juste d’être considéré comme plus qu’un simple portefeuille.

« C’était un samedi, et cette pauvre femme, complètement bouleversée émotionnellement, est entrée dans le magasin. C’était sa première visite. Notre menu peut être un peu intimidant ; elle l’a longuement regardé avant de commander simplement un café nature. Lorsque nous lui avons demandé si elle était sûre de ne pas vouloir essayer autre chose, elle nous a expliqué qu’elle se sentait confuse et dépassée, et elle avait l’air sur le point de pleurer. Entre-temps, nous avions demandé à quelqu’un de préparer un Toffee Nut Latte, parce que, franchement, qui n’aime pas ça ? Nous lui avons dit : oubliez le café nature, nous vous avons préparé ce Toffee Nut Latte — c’est pour nous aujourd’hui, pour que vous puissiez le goûter. Elle était ravie ! Elle est repartie, et nous n’y avons plus vraiment pensé, si ce n’est que nous étions heureux d’avoir pu lui faire plaisir.
Quelques jours plus tard, nous avons reçu des fleurs envoyées à notre magasin pour nous remercier de lui avoir « sauvé la vie ». Dans sa lettre, elle expliquait qu’elle traversait une journée vraiment, vraiment difficile. Après sa visite dans notre magasin, elle avait retrouvé une part de joie en elle, ce qui lui avait permis de faire face à ses problèmes et même d’aider quelqu’un d’autre à se sentir mieux. Elle est aujourd’hui l’une de nos clientes régulières.»
Michelli, J (2006)

Point nº3 : Be Considerate – Considérer son environnement

Il s’agit de considérer tous les gens autour de soi (consommateur, prospect, collègue, managers, etc.) dans une optique de relation à long terme. Cette philosophie s’applique également à des initiatives vertes pour renvoyer l’attachement aux choses durables et bonnes pour la planète.

Point nº4 : Be Knowledgeable – La passion au coeur de tout

On pourrait définir ceci comme : « love what they do and share it with others. ». Cela peut se traduire par un savoir étendu sur le café pour que le personnel puisse en apprendre plus au consommateur. Starbucks partait du principe que partager l’information au client le rend plus connaisseur, et donc, développe un attachement pour le produit. Le personnel a la possibilité de suivre un programme de formation qui dure trois mois pour devenir un « Coffee Master », lui donnant un harpon noir et le statut de connaisseur ultime dans le domaine du café.

barista Starbucks formation Coffee Master tablier noir

Cet investissement de la part de Starbucks est justifié par la compagnie que « Knowledge is power », ainsi chaque employé développe une expertise peut changer la journée d’un client.

Point nº5 : Be Involved – S’impliquer au delà

Pour Starbucks, cela signifie d’avoir une participation active dans « le magasin, la compagnie et dans la communauté ». Les managers veulent encourager les employés à aller par-dessus leur day-to-day job et que ceux-ci apportent une passion. Starbucks joue sur le principe de faire quelque chose de plus grand que soi en éloignant certaines mentalités, comme celle du « strict minimum ». Ce genre d’implication peut se traduire par un apport des employés dans la résolution des problèmes du magasin, ou encore, qu’ils soient impliqués dans la suggestion de nouvelles saveurs. Cette implication se manifeste aussi par un engagement communautaire : offrir l’espace du café comme lieu de rencontre, soutenir des événements locaux ou participer à des actions bénévoles.

Principe 2 — Culture du détail : “Retail is detail”

Howard Schultz est reconnu pour dire « retail is detail. » En réalité, dans toute entreprise, lorsqu’un détail est bâclé, la frustration du consommateur n’est pas loin. Starbucks considère que le café n’est qu’une partie de l’expérience. L’environnement, l’expérience client, la culture sont tous des éléments qui définissent l’expérience Starbucks, et c’est ce pourquoi les gens y vont. Le management à bien compris que le consommateur aime découvrir les petites attentions dans une expérience, ainsi rien n’est laissé au dépourvu.

« Le phénomène Starbucks ne s’explique pas uniquement par la qualité de ses produits, mais aussi par l’ensemble de l’atmosphère qui entoure l’acte d’achat du café : l’ouverture de l’espace des magasins, des panneaux de menu attrayants, la forme du comptoir, la propreté des lattes du plancher. Ce que Starbucks a compris bien avant ses imitateurs, c’est que l’art de vendre du café au détail allait bien au-delà du produit lui-même. Les détails de l’expérience globale comptaient. Chaque élément — des serviettes en papier aux sacs de café, des vitrines aux places près des fenêtres, des rapports annuels aux catalogues de vente par correspondance, des plateaux de table aux carafes thermiques — semble refléter les racines authentiques et organiques de Starbucks. »
Michelli, J. (2006)

La musique est passée d’un bruit de fond à une exploration beaucoup plus riche en choisissant les bons morceaux selon le temps de la journée ou selon le ton musical. Ainsi, l’ensemble de l’expérience Starbucks devient « a bigger stop ».

Ce désir d’une ambiance accueillante se traduit même dans la décoration et le merchandising. Le merchandising et la décoration qui habille l’environnement doivent s’harmoniser et s’intégrer avec celui-ci avant de servir la fonction commerciale. L’ensemble des détails est important pour le management et ils s’assurent que cette même ambiance soit consistante à travers toutes les franchises. Le café avait son lot de petites attentions également, passant du packaging, à la fraicheur des grains jusqu’à la provenance de ceux-ci, Starbucks donne une signification multidimensionnelle à son produit.

L’entreprise à même développé une plateforme qui permet de partager aux employés de partager leurs bons coups en termes de service à la clientèle pour éduquer les autres selon les principes du Green Apron Book.

Starbucks était une des premières compagnies à apporter des initiatives environnementales – pour une entreprise de café – sur ses gobelets. La raison ? Simplement : « The Starbucks brand, and every company’s brand, is nothing more than the sum total of the individual actions its people take. » Michelli, J (2006).

Principe 3 — Surprise & Delight

Les consommateurs veulent du prévisible et consistent, mais être juste assez surpris pour détourner l’ennuyeux. Pourtant, c’est ce petit plus qui donne toute la signification d’une expérience mémorable. En d’autres mots, c’est : « When a Business “Gets it” » :

« Comme il l’écrit sur son blog Marketing and Entrepreneurship, à 5 heures du matin, Michael a décidé qu’il était temps de sortir de chez lui et de faire une pause. Sa première idée a été de se faire plaisir avec un classique prévisible : un latte à la vanille. Il est monté dans sa voiture et a conduit jusqu’à son Starbucks habituel, savourant à l’avance cette petite récompense tout au long du trajet.
En arrivant devant le magasin, explique-t-il, j’ai su que quelque chose n’allait pas du tout : l’enseigne était encore éteinte et les lumières à l’intérieur aussi. J’ai arrêté la voiture et je me suis approché de la porte pour regarder les horaires. Il restait une heure avant l’ouverture, alors je me suis retourné pour revenir vers ma voiture en me disant que le café devrait attendre… Et puis la serrure a claqué, la porte s’est ouverte brusquement, et l’un de mes baristas habituels est sorti pour me demander si je voulais quelque chose à boire. »
Michelli, J (2006)

L’extraordinaire est encore plus attendu lorsque les entreprises sortent du cadre. Lors d’une situation inattendue, volontaire ou non, le « risque » pour obtenir une expérience prévisible est beaucoup plus élevé. Les compagnies vont souvent compenser en donnant une expérience exceptionnelle.

Ce principe de Surprise and Delight s’applique dans les opérations quotidiennes de Starbucks également. Que ce soit pour célébrer une journée spéciale ou la sortie d’un nouveau breuvage, l’entreprise aime donner des échantillons à travers ses franchises pour surprendre le quotidien des consommateurs. Ce principe s’applique aussi à la relation consommatrice, que ce soit par un accueil chaleureux, sincère ou atypique, le but reste le même : briser l’expérience de consommation ordinaire pour ajouter une petite touche de « wow ».

« Cliente régulière chez Starbucks, elle se souvient s’être arrêtée dans son magasin habituel un jour particulièrement difficile pour commander un macchiato caramel grande sans sucre. Lorsqu’elle s’est rendu compte qu’elle n’avait pas son portefeuille, le barista lui a dit : “Ce n’est pas grave, on voit que vous en avez vraiment besoin. Vous paierez la prochaine fois.
Le résultat, explique Laura, c’est que “les pires journées de ma vie se trouvent si facilement transformées dès l’instant où je mets les pieds chez Starbucks.
»
Michelli, J (2006)

La qualité et la consistance du service à la clientèle sont ce qui fait de Starbucks une place pour la conversation et les connexions. C’est pour cette raison que les consommateurs incorporent Starbucks dans leur quotidien.

Principe 4 — Embrace resistance

Ce principe repose sur l’écoute de son environnement et dans la capacité à écouter pour s’adapter selon les critiques ou les cultures.

Il est important de décerner les consommateurs qui souhaitent voir leur problème être résolu et ceux qui se plaignent indéfiniment sans l’être.

Vous l’avez compris depuis le début, Starbucks est certainement reconnu pour offrir un excellent service. Lorsqu’un critique à fait mauvaise presse du la qualité du service offert chez un Starbucks, un des gestionnaires à voulu s’entretenir avec le critique… pour le remercier. Le premier pas a été que l’entreprise admette sa faute et de s’en excuser. Starbucks a par la suite pris cette situation pour en faire une étude de cas dans son programme de formation pour ses employés.

Le bon coup de Starbucks a été d’admettre son erreur et d’y voir une opportunité de renforcer sa relation avec un consommateur frustré. Cela augmente énormément les chances que le consommateur redouble de fidélité à la marque.

Dans les services, la gestion de plainte n’est pas un coût : c’est un levier de rétention mesurable.

Ce comportement porte aussi un effet positif au sein même de la marque. Les employés qui se sentent écoutés par le management ont plus tendance à adresser les problématiques internes.

« Partager des expériences client précises avec les équipes en aval a un véritable impact, en raison de l’apprentissage qui en découle. Dans le cas de cet article ou de toute lettre de client, la retranscription fidèle de l’échange — la voix du client qui s’exprime — est bien plus puissante que n’importe quel rapport indiquant que 42,5 % de nos clients sont très satisfaits. »
Michelli, J (2006)

Cette capacité d’écoute s’applique également lorsque l’entreprise veut s’étendre dans d’autres cultures. La culture du café et sa connaissance ne sont pas du tout pareil d’un pays à l’autre. La flexibilité pour se faire accepter repose sur l’adaptation du produit, du service, ou dans l’éducation faite auprès du consommateur. En somme, l’expérience doit être adaptée auprès de la communauté locale pour que l’entreprise fasse sa place dans un nouvel environnement.

Principe 5 — Leave Your Mark

La culture de Starbucks était d’investir dans le bien-être de tous ses employés et de sa communauté qui l’entoure. Ils voulaient vraiment prendre en compte l’innovation, l’écologie, le partage et l’écoute dans chacune de leurs décisions managériales, plutôt que d’être guidé par le profit pur.

Cette philosophie s’appliquait à tous les niveaux, des managers, aux baristas. Ils avaient bien compris que pour demander un service à la clientèle irréprochable, l’entreprise s’investir dans le bien-être des employés.

Michelli, J (2006) rapporte que plusieurs recherches montrent que :

  • Les gens préfèrent faire affaire avec, et travailler pour, des entreprises socialement responsables.
  • Les candidats les plus talentueux et les plus qualifiés tiennent de plus en plus compte de l’éthique d’une entreprise et de son engagement envers la communauté lorsqu’ils choisissent leur employeur.
  • Le moral des employés est trois fois plus élevé dans les entreprises activement impliquées dans la communauté que dans celles qui le sont moins.
  • Lorsque l’environnement de travail des employés correspond à leurs valeurs personnelles, ils sont plus productifs.
  • Les entreprises qui accordent une attention particulière à leur impact environnemental sont généralement valorisées jusqu’à 5 % de plus que les organisations comparables qui n’ont pas cette préoccupation.
  • La participation des employés à des activités communautaires renforce leur esprit d’équipe, leurs compétences en leadership et leur identité corporative.

Starbucks a même créé un concept précis pour analyser les performances de l’entreprise. Appelée le « triple bottom line », cette technique repose sur une analyse des performances fiscales, sociales et environnementales. Cette approche donne des comportements exemplaires, comme l’allocation de l’assurance maladie aux employés travaillant plus de 20h / semaine ou un traitement favorisé aux fournisseurs de café remplissant certains critères. Les exemples pleuvent, passant de l’égalité homme-femme à des mesures environnementales, ce qu’il est important de comprendre est que Starbucks voulait toucher au delà du consommateur en donnant une importance tout aussi grande à la tasse de café qu’à ce qu’il y a autour.

À retenir : Starbucks a gagné parce qu’il a industrialisé une promesse simple : un café et une expérience premium grâce à la personnalisation, sa culture interne, son obsession du détail, la surprise maîtrisée et la responsabilité perçue.

Note : ces informations sont tirées du livre The Starbucks Experience: 5 Principles for Turning Ordinary Into Extraordinary (Michelli, 2006), elles datent donc de 2006 et ont fait rapidement le raisonnement que la situation n’est plus pareille aujourd’hui.

Sources :

Khoros (2024). Must-know customer service statistics of 2024. https://khoros.com/blog/must-know-customer-service-statistics

Michelli, J (2006). The Starbucks Experience: 5 Principles for Turning Ordinary Into Extraordinary. O’reilly Media. https://learning.oreilly.com/library/view/the-starbucks-experience/9780071477840/xhtml/ch01.html

U.S. Bureau of Labor Statistics. (n.d.). CPI Inflation Calculator. https://www.bls.gov/data/inflation_calculator.htm

L’UX comme vecteur de solutions : guide technique [3/3]

Introduction

Une fois le problème bien défini, il faut être en mesure de trouver comment bien le résoudre. Le cadran du Design dans lequel l’étape de l’idéation s’inscrit, a pour objectif d’ouvrir votre esprit vers une solution innovante et que celle-ci s’intègre le plus naturellement possible dans le parcours utilisateur. Vous voilà maintenant à la dernière phase avant la mise en exécution de votre idée. Comme quoi, après, il est beaucoup plus coûteux de revenir en arrière.

Faisons un petit retour en arrière pour assurer que vous ayez toutes les cartes en main. Grâce à votre recherche, assurez-vous d’avoir ces informations en main :

  • Des insights réels sur les utilisateurs pour éviter les suppositions.
  • Un profil de vos utilisateurs (Persona)
  • Quelles sont les frustrations de vos utilisateurs ? (Entretiens, sondages)
  • Comment interagissent-ils avec le produit ? (Observations, cartes d’expérience)

Dans cet article :

Carte de l’expérience

La carte de l’expérience est un outil pour visualiser les étapes clés du parcours utilisateur lors de leur interaction avec votre produit ou votre service.
Son objectif est de comprendre de façon chronologique les actions, les émotions, les points de contact et les frustrations des utilisateurs, afin d’identifier les opportunités d’amélioration.

Carte de l’expérience

Chacune des étapes représente un touchpoint (point de contact) avec le produit ou le service. Par exemple, pour une expérience en magasin, l’entrée dans celui-ci peut être la première phase de contact. L’interaction avec un produit en rayon peut constituer une seconde étape, et ainsi de suite. Ce qu’il faut comprendre, c’est que les touchpoints sont définis selon l’hypothèse que vous désirez vérifier. Il ne sert à rien de définir un touchpoint sur l’interaction avec le produit si votre objectif est d’évaluer l’expérience avec le service à la clientèle.

Un excellent exemple dans l’industrie est celui de Lego : Designing the Experience – Example WOW.

legowheel - Designing the Experience - Example WOW

Pourquoi une carte de l’expérience

1) Synthétiser les données de la phase d’exploration :

  • Les cartes d’expériences exploitent des données physiologiques, perceptuelles et observationnelles
  • Elles permettent de structurer ces données sous une forme intelligible et communicable.

2) Complément aux personas :

  • Les cartes d’expériences ajoutent une dimension dynamique aux personas.
  • Elles donnent vie aux personas en les plaçant dans des scénarios d’action et d’interaction.

3) Identification des opportunités de conception :

  • Les cartes d’expériences permettent d’identifier les actions critiques et les moments clés de l’expérience utilisateur.
  • Elles aident à lister les opportunités de conception pour résoudre les problèmes détectés.

4) Objectif final :

  • Guider l’équipe de conception vers des idées et solutions innovantes adaptées aux attentes et comportements des utilisateurs.

Amusez-vous à dessiner le parcours utilisateur pour mieux vous l’imaginer. (Optionnel)

User Journey - IKEA

Brainstorming

Maintenant vient l’étape où il faut trouver des idées à votre solution. Tout d’abord, il faut comprendre pourquoi le brainstorm est essentiel. Premièrement, le brainstorm ouvre la porte à des idées innovantes en explorant diverses pistes de réflexion. Le deuxième avantage est qu’il permet de générer des solutions variées au problème. Ces diverses solutions seront par la suite triées selon leur faisabilité, leur complexité ou encore, selon leur coût.

Je vous invite fortement à aller lire l’article dans l’en-tête de cette section pour obtenir des trucs sur comment mieux brainstormer et pour comprendre les règles du brainstorming en équipe.

Placer les idées sur la matrice d’impact et de faisabilité

Une fois votre brainstorm fini et que vous avez en votre possession plusieurs idées potentielles, il faut évaluer lesquelles sont les meilleures.
Pour évaluer les idées les plus réalistes, placez-les dans la matrice d’impact.

matrice impact faisabilité

Méthode du Vote par Points (Dot Voting)
Une autre méthode pour classer les idées, c’est de procéder à un vote dans l’équipe afin de récolter l’avis de tout le monde. Pour chaque idée, les participants du groupe disposent d’un certain nombre de points (souvent entre 1 à 3 ou 1 à 5) qu’ils attribuent aux idées qu’ils jugent les plus intéressantes.

Avantage : trouver les meilleures idées selon le plus grand nombre de personnes
Limite : Peut favoriser les idées populaires, mais pas forcément les plus pertinentes stratégiquement.

Évaluer son projet

Une fois votre solution identifiée comme la plus pertinente pour répondre au problème, vous entrez dans la phase de production. Selon la nature de votre projet, le premier livrable comporte souvent une phase embryonnaire du rendu final, une sorte de squelette du projet pour vérifier si tout fait du sens. Ensuite vient le prototype, une version presque finale de votre produit où il est possible d’interagir avec celui-ci. Par exemple, dans l’industrie des jeux vidéos, il y a des tests à accès fermé où certains joueurs seulement peuvent tester le produit en avant-première.

Le prototype sert à expérimenter, à affiner et à corriger le développement complet et final du produit. C’est aussi l’occasion d’observer les réactions des utilisateurs en conditions réelles.

Arrive maintenant la phase d’évaluation. Il ne faut pas tomber dans le piège d’abandonner le produit une fois celui-ci livré sans jamais adapter celui-ci à la demande des utilisateurs.
Vous l’avez compris, l’évaluation permet de vérifier si le design remplit vraiment sa promesse. Autrement dit, répond-il au problème que vous avez relevé ?
L’objectif ici, c’est de confronter votre solution à la réalité. On identifie les points de friction, on valide (ou on invalide) les hypothèses formulées lors de la phase d’idéation, et on collecte des retours concrets pour améliorer le produit.

Les critères fondamentaux pour analyser une expérience utilisateur :

  • Utilisabilité : L’interface est-elle facile à comprendre et à utiliser ?
  • Accessibilité : Est-elle utilisable par tous, y compris les personnes en situation de handicap ?
  • Efficacité : Les utilisateurs atteignent-ils leurs objectifs rapidement ?
  • Satisfaction : L’expérience est-elle agréable et engageante ?
  • Fiabilité : Les utilisateurs font-ils confiance au système et aux informations affichées ?

Les outils pour bien évaluer

Ce sont les mêmes méthodes que celles mentionnées dans l’article 2 de cette série.

Neurophysiologiques

  • Rythme cardiaque
  • Électroencéphalographie
  • Respiration
  • Expression faciale

Perceptuelle

  • Questionnaires
  • Entrevues
  • Focus group

Observationnelles

  • Parcours utilisateur
  • Taux de conversion
  • Nombre de clics
  • Analyse de chemin de navigation
  • Temps de réalisation de tâche

Conclusion

Trouver une idée solide, réaliste et innovante demande d’être appuyé sur une réelle compréhension de votre utilisateur. Une fois toutes vos cartes en main, il ne reste plus qu’à générer des idées. Attention à ne pas sauter sur la première option facile, l’innovation sort quand on creuse loin. Pour finir, rappelez-vous de ne pas négliger la phase d’évaluation, c’est votre pilier qui assure une amélioration constante de votre produit à travers le temps.

Source : Lallemand, C. (2015) Méthodes de design UX (2° Édition)

Devenir UX driven et révéler les bons insights : guide technique [2/3]

Introduction

Vous voilà à la phase d’exploration. Comme vous l’avez compris grâce au schéma, cette étape vous guide vers le problème à résoudre pour votre produit. L’objectif principal de cette phase est de comprendre en profondeur les utilisateurs en analysant leurs pensées, leurs émotions et leurs comportements. Cela permet d’identifier les opportunités d’améliorations et d’orienter vos décisions de conception.

À la fin de la lecture, vous saurez comment synthétiser vos données pour en relever les insights et quels types de recherche sont nécessaires.

L’objectif de l’exploration

La phase d’exploration vient s’introduire dans l’étape de la recherche utilisateurs. Le but ultime est d’extraire de vos informations, les insights qui ressortiront de la recherche. Ces données convergeront vers le problème clé à résoudre. Pour y arriver, vous devez maîtriser les méthodes de mesures afin de récolter les bonnes informations, tout en respectant vos délais, votre budget et la complexité d’analyse.

Comprendre la théorie cognitivo-comportementale (TCC)

théorie cognitivo-comportementale

Avant de procéder à la méthode de recherche utilisateur, il faut comprendre le processus mental de vos consommateurs lorsqu’ils interagissent avec votre produit. Cette théorie repose sur le principe que chaque sphère influence les autres sous principe de cause-effet.

  • Notre pensée influence nos comportements et nos émotions.
  • Nos comportements influencent notre pensée et nos émotions
  • Nos émotions influencent notre pensée et nos comportements.

Définissons chaque composante

Pensées : Comment les utilisateurs perçoivent et traitent l’information.
Émotions : Comment les interactions les font se sentir.
Comportements : Comment les utilisateurs agissent en fonction de leurs pensées et émotions.

Donnons un exemple pour une application comme Uber Eats.

  1. Pensée : le bouton d’achat ne fonctionne pas.
  2. Émotions : l’utilisateur ressent une incertitude sur la fiabilité à effectuer une transaction.
  3. Comportement : quitte le site web.

On peut le voir dans l’autre sens

  1. Pensée : l’utilisateur voit un bouton « partagez vos coûts avec des amis » et pense : « C’est simple à utiliser. »
  2. Émotion : ce sentiment de simplicité génère de la confiance et de la satisfaction.
  3. Comportement : l’utilisateur invite des amis, partage les coûts de panier, et termine la commande.

Astuce : connaitre les émotions ressenties par l’utilisateur ne sert pas seulement à savoir les aspects négatifs de votre produit. Explorez également ce qui cause de la satisfaction (dopamine) dans votre produit.

Quelques exemples :

  • La satisfaction après avoir accompli une tâche efficacement (ex. : réserver un vol en 3 étapes).
  • Éprouver un plaisir lorsqu’une animation confirme une réussite d’une action (ex. : une coche verte après l’envoi d’un message).
  • Plaisir lorsqu’un message de félicitations apparaît pour avoir atteint un objectif (ex. : «Vous avez économisé 20 $ ! »).
duolingo

3 types de mesures pour évaluer les comportements

3 types de pensées

01. Neurophysiologiques (l’émotion)
La mesure neurophysiologique consiste à mesures les signaux du corps chez l’utilisateur. Le but est de relever les effets inconscients que l’utilisation du produit provoque chez lui. Cette méthode peut servir à détecter des points faibles dans l’usage de votre produit, comme une augmentation du stress ou du rythme cardiaque lors d’une étape cruciale.

Contexte d’utilisation :

  • Identifier les moments de stress
  • Identifier la charge cognitive
  • Vérifier si l’utilisateur est détendu

Comment mesurer : rythme cardiaque, respiration

Exemples concrets :

  • Analyser la charge cognitive d’une tâche complexe comme remplir un formulaire
  • Observer la réaction physiologique à une animation ou un temps de chargement long.

Limites de la méthode neurophysiologiques :
– Appropriées pour des études en laboratoire ou des prototypes avancés.
– Coûteuses et souvent limitées dans des contextes industriels rapides.

02. Perceptuelles (la pensée)
La mesure perceptuelle consiste à interagir directement avec l’utilisateur afin de recueillir son opinion et ses réflexions. Le but est d’accéder à des informations beaucoup plus riches concernant le parcours des utilisateurs.

Contexte d’utilisation :

  • Explorer les attentes, frustrations, et satisfactions directement auprès des utilisateurs.

Comment mesurer : questionnaires, entrevues, focus group

Exemples concrets :

  • Questionnaires post-session pour évaluer la satisfaction utilisateur après un test de prototype.
  • Entretiens pour comprendre les motivations et obstacles à l’utilisation d’une application.
  • Focus groups pour explorer des idées ou obtenir des retours sur des fonctionnalités potentielles.

Avantages :

  • Peu coûteuses et rapides à mettre en œuvre dans un contexte d’entreprise.
  • Fournissent une richesse de données qualitatives pour guider l’idéation.

03. Observationelles (l’action)
La mesure observationnelle consiste à analyser les comportements des utilisateurs sans intervenir. Cette méthode peut être utilisée hors d’un protocole formel et permet d’obtenir des comportements naturels. Ainsi, le risque de modifications du comportement sous l’effet d’un contexte protocolaire, tel qu’une entrevue, est supprimé.

Contexte d’utilisation :

  • Observer et analyser les comportements réels des utilisateurs dans leur environnement naturel ou à travers des données existantes (données secondaires).

Comment mesurer : parcours utilisateur, taux de conversion, nombre de clics, analyse de chemin de navigation, temps de réalisation des tâches

Exemples concrets :

  • Analyser les parcours utilisateurs sur un site pour identifier les points d’abandons.
  • Étudier le taux de conversion pour évaluer l’efficacité d’une page produit.
  • Observer les utilisateurs dans un contexte réel (ex. : kiosque de commande dans un restaurant).

Avantages :

  • Données directement applicables à l’amélioration des interfaces.
  • Conviens à des analyses rapides pour des environnements industriels.

Créer sa carte d’empathie et récoler les insights

Une fois vos données récoltées, vous pouvez les assembler dans une carte d’empathie afin de procéder à une synthèse des données et ainsi relever les insights.

carte d’empathie

Relever les insights à partir de la carte d’empathie
Les insights de vos données se révèleront avec la technique de triangulation des données. Cette technique consiste à croiser plusieurs types de sources récoltées (neurophysiologiques, perceptuelles, observationnelles) afin d’examiner une expérience utilisateur sous différents angles.

Cela permet d’obtenir des résultats plus fiables et complets, en compensant les limites de chaque méthode prise seules.

Par exemple
Lors d’un test utilisateur, un participant affirme apprécier l’interface d’une application, la trouvant claire et agréable à utiliser. Pourtant, en observant son comportement, on remarque qu’il hésite longuement avant de cliquer sur certains boutons, comme s’il cherchait des repères. L’analyse neurophysiologique vient confirmer cette difficulté : ses signaux de stress augmentent à mesure qu’il tente d’interagir avec l’interface, révélant une frustration latente.

Trouver des pistes à vos problèmes
Pour transformer les défis relevés en opportunités, vous pouvez utiliser la technique du How Might We. Cette technique consiste à formuler sous forme de question ouverte les solutions possibles sans être biaisé par une solution immédiate.

Bien choisir son moyen de récolte de données

En dehors de la théorie, il est difficile, voire impossible, de récoler ces trois types de mesures afin d’obtenir le résultat souhaité. Une multitude de contraintes peuvent venir bloquer la route à une collecte complète et de qualité lors de la phase d’exploration.

Voici les divers facteurs

  • Temps : Durée nécessaire pour planifier, exécuter et analyser.
  • Argent : Budget requis pour les outils, logiciels et spécialistes.
  • Ressources : Besoin d’équipements spécifiques ou de personnel qualifié
  • Objectifs du projet : Quel niveau de précision est requis ?
  • Type de données nécessaires : quantitatif ou qualitatif ? (Les mesures observationnelles offrent des données rapides et descriptives, tandis que les mesures neurophysiologiques fournissent des insights profonds, mais coûteux)
tableau récolte de données

Conclusion

La phase d’exploration permet de récolter divers types d’information pour mieux comprendre et cerner le vrai problème. Ainsi, tout le procédé de développement ne sera pas basé sur un « je pense que ». Les informations récoltées sont des outils pour appuyer vos actions et pour connaitre la mission du projet.
Dans le prochain chapitre, nous commencerons à explorer la phase d’idéation, c’est-à-dire comment trouver de bonnes idées individuellement ou en équipe.

Source : Lallemand, C. (2015) Méthodes de design UX (2° Édition)

Planifier un projet orienté UX : guide technique [1/3]

Introduction

Dans cet article, vous apprendrez à bien planifier un projet en définissant des objectifs clairs et en impliquant les bonnes parties prenantes. En identifiant précisément les pains points des utilisateurs, vous pourrez mieux comprendre leur réalité et concevoir une solution qui répond véritablement à leurs besoins.

Trop souvent les entreprises développent des produits ou des fonctionnalités qui ne répondent pas aux attentes réelles des consommateurs. L’incapacité à répondre à un besoin réel découle souvent d’une mauvaise analyse et d’un manque de compréhension du vrai problème. Même si la planification budgétaire et temporelle est un succès, bien qu’il soit rare, si le résultat final n’est pas ce que les consommateurs veulent, ils l’abandonneront. En ayant une compréhension des vraies attentes du consommateur, vous serez en mesure d’avoir un problème bien défini, et donc, une solution bien pensée.

Un peu à l’image d’un insight, résoudre un vrai problème reviens à enlever un poids des épaules. Tout à coup, on est beaucoup plus « léger », c’est-à-dire moins de charges mentales face au produit.

Planifier avant tout

Les méthodes utilisées dans la phase de planification visent tout d’abord à comprendre la demande du client (à travers le brief) et à bien définir le projet en posant les bonnes questions et en challengeant son produit. Ces éléments seront le squelette qui dirigera le projet dans la bonne direction.

ÉTAPE 1 – Explorer les 4 thématiques essentielles.

4 thématiques essentielles projet créatif

Le produit

Il est là pour résoudre le(s) problème(s) aux utilisateurs. Aussi évident que cela puisse paraître, il est essentiel de connaitre son produit. Sortez votre Value Proposition Canvas et assurez-vous de connaître le why du produit.

Posez-vous ces questions :
– Quel est son élément distinctif, quel pain retire-t-il au consommateur ?
– Quels sont les points forts et moins forts de votre produit ?
– Comment voyez-vous votre produit dans le futur ?

Les utilisateurs

Identifiez votre cible et ses attentes. Quels sont ses freins et ses motivations ?
Autrement dis, qu’est-ce qui est un fardeau pour lui ?
Ces données alimenteront votre Value Proposition Canvas et affineront votre persona.

À partir de ce point, vous devriez avoir un tableau complet de ce que votre produit offre et ce que votre consommateur veut.

Vient à se poser la question pour le projet : quelles hypothèses avez-vous sur eux que vous souhaitez vérifier ?
Exemple : Les utilisateurs préfèrent filtrer par le prix plutôt que par types de produits sur notre site web.

Astuce : Ne jamais assumer que le consommateur sait ce quʼil veut : ils ont souvent une vision floue ou biaisée de leurs besoins. Posez des questions précises pour clarifier leurs attentes et aligner les objectifs.

Temporalité

Posez-vous ces questions :
Quelle est la portée du projet ? Qu’est-ce que le projet représente par rapport à la globalité du produit ?
Pour bien évaluer la projection du projet, établissez une échelle d’impact. Celle-ci aidera à définir la quantité de mesures nécessaires pour assurer le bon déroulement.

1 – Projet court-terme isolé
Projet limité dans le temps, sans impact majeur sur le produit global.
Ex. : Correction de bug, mise à jour mineure.

2 – Amélioration locale
Projet ciblé qui optimise une fonctionnalité existante, mais sans changer le produit global.
Ex. : Amélioration d’une interface, ajout d’un rapport spécifique.

3 – Composant significatif
Projet qui ajoute une nouvelle fonctionnalité notable, influençant l’expérience utilisateur.
Ex. : Ajout d’une API, développement d’un module complémentaire.

4 – Évolution stratégique
Projet structurant qui transforme une partie essentielle du produit ou de son modèle. Ex. : Refonte d’un système clé, migration technologique.

5 – Transformation globale
Projet ayant un impact sur l’ensemble du produit ou de l’entreprise.
Ex. : Repositionnement stratégique, refonte totale d’un logiciel, intégration majeure avec un autre système.

Astuce : Au cours de la planification du projet, n’ayez pas peur de demander à ceux qui vous ont mandaté : Sur quoi ce base la date limite ?
On ne sait jamais, peut-être trouverez-vous un moyen d’augmenter le délai de remise si le temps est trop serré. Au mieux, vous aurez une meilleure compréhension du contexte, ce qui permet de mieux saisir la réalité du mandataire et ses contraintes.

Définissez les résultats souhaités

Établissez une charte des livrables attendus. Définissez les critères qui permettront de définir la réussite du résultat final.

ÉTAPE 2 – Définir l’objectif du projet

Pour bien définir le projet, il faut se fixer des objectifs SMART et des indicateurs de réussite (KPI) de la mission.

Par exemple :
Concevoir un système de filtre basé sur le rapport qualité/prix afin d’améliorer la rétention des utilisateurs et d’augmenter le taux de conversion de 15 % en 3 mois.

KPI

  • Panier moyen
  • Temps passé sur la comparaison des produits
  • Taux d’abandon du panier

N’oubliez pas que la définition des KPI est toujours basé selon l’objectif. Posez-vous cette question : comment vais-je mesurer si mon objectif est un succès ou un échec ?

ÉTAPE 3 – Identifier les parties prenantes et leurs attentes

  • Identifier les parties prenantes potentielles : identifier les membres de lʼéquipe qui ont la meilleure compréhension des enjeux, contraintes et objectifs du projet.
  • Identifier le rôle de chacune d’entre elles.
    • Exemple : Le gestionnaire de projet s’assure que les délais et les objectifs sont respectés. Il facilite la communication entre les différentes parties prenantes.
  • Placez les parties prenantes dans la matrice intérêt-pouvoir.

ÉTAPE 4 – Planifier une recherche utilisateurs

Cette méthode est reconnue pour être celle qui exploitera le plus les méthodes de collecte et dʼanalyse qualitative.

À quoi ça sert ?
– Comprendre les besoins des utilisateurs : identifier les attentes, les motivations, les frustrations et les comportements des utilisateurs.
– Développer de lʼempathie envers les utilisateurs : se mettre à leur place, comprendre leurs défis et concevoir des expériences centrées sur l’humain.
– Former une base à la génération dʼidée : les insights recueillis lors de la recherche fournissent une base solide pour le brainstorming et la conception de solutions pertinentes.

Comment procéder
Votre objectif est ce qui va définir si vous avez besoins de données en quantité (quantitative) ou en profondeur (qualitative). Les entretiens permettent d’explorer en profondeur les motivations et frustrations des utilisateurs, tandis que les sondages et questionnaires offrent une vision plus large grâce à des données quantitatives.

Les insights générés permettent une prise de décision réellement user informed. Ils sont les plus efficaces pour changer en profondeur un produit ou pour générer une stratégie centrée sur lʼutilisateur (que ce soit des consommateurs ou non.)
Le but est de révéler ce qui compte vraiment pour les utilisateurs durant leur parcours. Cette étape explique POURQUOI les utilisateurs agissent tels qu’ils le font.

Étape 5 – Synthétiser les données

Différentes options sont possibles selon le type de projet qui sera mené.

Cartographie du parcours utilisateur :

  1. Placez les informations recueillies pour savoir dans quelle phase du parcours les informations se situent.
  2. Renchérir la fiche persona avec les nouvelles données si nécessaire.
  3. Établir un rapport de recherche et de recommandations.

Étape 6 – Mener une recherche secondaire

Les données secondaires se focalisent sur la donnée déjà existante. Elles visent à explorer les informations accessibles pour enrichir la compréhension du contexte sans engager de nouvelles études.

Utilisateurs :
– Commentaires sur les réseaux sociaux.
– Avis sur des plateformes (Google Reviews, Trustpilot, Reddit)
– Forums.

Analytique :
– Données web analytiques ou de produit analytique.

Ventes :
– Historique des produits les plus vendus.
– Répartition géographique des ventes.
– Comportements dʼachat saisonniers.

Concurrents :
– Analyse des sites web
– Applications ou campagnes marketing
– Études de cas publiées
– Articles de blogue

Conclusion

Un projet réussi repose sur une compréhension profonde des attentes clients. Planifiez intelligemment, posez les bonnes questions et créez des solutions qui comptent vraiment. Ne tombez pas dans le piège des entreprises qui construisent avant de comprendre.

Source :
Lallemand, C. (2015) Méthodes de design UX (2° Édition)
Tina. (2024, July 8). Project Management Statistics: Trends and common Mistakes in 2024. TeamStage. https://teamstage.io/project-management-statistics/